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Durabilité des systèmes de production et de la sécurité alimentaire dans les ayllus de la zone Intersalar (Potosi) (2004 – 2007)
Un projet d'AVSF membre du groupe de travail désertification (GTD)
Ecosystem: aride
Summary
Ce projet d'appui à la production agricole et à l'élevage en Bolivie montre comment le développement local est de nature à répondre à des problèmes d'environnement global. En effet, il s'agit ici de rétablir un équilibre durable entre les pratiques agricoles et d'élevage et le contexte économique dont dépend le revenu des populations locales ; tout en prenant en compte le maintien des ressources naturelles rares du milieu.
Background Story
Bolivie, zone Intersalar à 4.000 mètres d'altitude. La région est située entre la frontière chilienne, délimitée par la cordillère andine occidentale, et le Salar d'Uyuni (Potosi)

Sur les hauts plateaux andins, entre les deux déserts de sel boliviens, se trouve la zone Intersalar. A cette altitude (entre 3600 et 4700 mètres) et en zone sèche, deux seules productions sont envisageables : celle du quinoa et celle du lama.
Cependant, ces dernières années, l'intensification de la production de quinoa, pour répondre à la demande mondiale, met en péril au niveau local le fragile équilibre environnemental, économique et social.
En effet, de nombreux paysans sont devenus dépendants des revenus de la seule culture du quinoa, et l'intensification de la production a conduit à la mise en culture de zones de plaines où apparaissent de nouvelles maladies et parasites.
Une autre conséquence résulte de ce déséquilibre : l'élevage de lamas tend à être délaissé alors qu'il joue un rôle essentiel dans la préservation de l'écosystème (fertilisation des parcelles) et la constitution des revenus des familles (commercialisation des animaux, de la viande séchée, du cuir et de la laine).
Dans ce cadre, l'objectif fondamental du projet "Intersalar" est d'appuyer la redéfinition par les communautés des règles collectives d'accès et d'usage du territoire et des ressources naturelles, de manière à retrouver un équilibre entre l'homme et le milieu permettant la pérennité des activités agricoles, aujourd'hui mises en danger par l'essor du quinoa. Ceci implique, entre autres, de redonner sa place à l'élevage de lamas pour rétablir l'ancienne complémentarité agriculture/élevage, et de favoriser l'intensification de la production de quinoa.
A noter que ce projet est complémentaire d'un 2ème projet d'AVSF, le projet Intersalar Salinas, qui s'inscrit aussi dans l'Altiplano sud (département d'Oruro)
Strategies
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Renforcer les mécanismes, connaissances et pratiques de gestion territoriale des organisations traditionnelles,
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Renforcer les capacités locales de gestion du développement local,
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Contribuer à la durabilité des systèmes de production en développant des pratiques traditionnelles et/ou alternatives et en renforçant la complémentarité agriculture - élevage,
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Appuyer le développement de formes d'agrotourisme communautaire.

Stakeholders
Acteurs et bénéficiaires
Bénéficiaires directs : 500 familles aymaras
Bénéficiaires indirects : 1.250 familles aymaras
Partenaires techniques:
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Une antenne régionale de l'Association nationale des producteurs de quinoa (ANAPQUI) : APROQUIGAN (Llica)
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20 communautés paysannes indiennes aymaras
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Municipalités de Llica et Tahua
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Sous-préfecture de la province Daniel Campos
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Entreprise de commerce équitable ALTERECO (France)
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Le projet MAPZA (GTZ-SERNAP) et son volet d'écotourisme communautaire FLO (Fairtrade Labelling Organization) - Max Havelaar France
Ressources humaines:
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Equipe bolivienne pluridisciplinaire AVSF (2 agronomes, 1 zootechnicien et 1 promoteur)
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1 assistant technique expatrié AVSF (agronome)
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Consultants nationaux et internationaux
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Stagiaires boliviens et français
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Missions d'appui-suivi AVSF
Success
Sustainability
La présence d'AVSF dans la zone Intersalar vient d'une sollicitation des organisations de producteurs, d'Anapqui notamment, l'Association nationale des producteurs de quinoa, ainsi que de la fédération d'autorités coutumières de la région. Il faut dire cependant que, pendant les deux premières années d'intervention, les conflits ont ponctué la relation entre Anapqui et AVSF. En effet, il s'est avéré assez rapidement que l'intérêt pour Anapqui de la présence d'AVSF résidait plutôt dans la possibilité d'accéder à des financements pour des infrastructures de production et de renforcer ses liens avec des acheteurs européens. Or, pour AVSF, le problème que tous les producteurs signalaient avaient plutôt trait à la baisse des rendements, aux risques climatiques liés à l'extension de la culture en dehors de l'écosystème traditionnel, à la déstructuration des mécanismes communautaires qui avaient traditionnellement régulé les formes de production.
La proposition technique qu'AVSF a montée, à partir de son diagnostic de la problématique, était donc au début à contre-courant par rapport aux attentes des principaux leaders des producteurs de quinoa. C'est donc directement avec les communautés de la zone Intersalar que s'est nouée une relation forte qui a permis d'aborder les problèmes de durabilité du système de production et d'animer la redéfinition des normes d'usage des terres notamment. Peu à peu, dans une logique ascendante, ce sont les communautés qui avaient entamé ce processus de changement qui ont convaincu les grandes organisations de producteurs et les décideurs politiques locaux de la pertinence et du besoin de réfléchir à des pratiques de production plus durables.
Une fois le processus lancé, le rôle d'AVSF a consisté à appuyer les communautés dans la définition de leur règlement d'usage des terres, en leur donnant les éléments techniques pour qu'elles puissent prendre leurs propres décisions concernant leur territoire. En outre, AVSF a mis en place un système de fond d'investissement local destiné à financer des actions visant à faciliter l'application des nouvelles règles. C'est ainsi qu'a été subventionnée l'installation notamment de clôtures délimitant les zones de pâturage et, dans certains cas, délimitant les aires de culture dans l'assolement pluriannuel établi par les communautés.
Les organisations de producteurs se sont attelées à cette logique très récemment, poussées surtout par la pression des acheteurs français avec lesquels AVSF est en contact, qui ne veulent pas cautionner indirectement un système de production qui conduit à la désertification du territoire.
Le projet s'est basé sur deux principes fondamentaux :
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D'un côté, la promotion d'une compétition saine entre les communautés portant sur l'amélioration des techniques familiales et communautaires de production agricole, dans le sens d'une plus grande durabilité,
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De l'autre, la reconnaissance des communautés comme unités de gestion territoriale à part entière et comme espaces de concertation où sont prises les décisions déterminant l'usage des ressources et son évolution dans le temps.
A partir de là, les communautés sont devenues également des structures organisationnelles capables de définir collectivement, avec très peu d'appui externe, leurs propres priorités en termes d'investissement, capables aussi de mener à bien leurs projets en toute transparence et avec une bonne efficacité.
Les premières difficultés de cette méthode de travail, qui prétendait susciter la demande plutôt que d'imposer l'offre, sont venues du personnel affecté au projet, trop habitué à jouer un rôle où le technicien doit fournir des solutions aux paysans, même si c'est en appliquant les mêmes vieilles recettes qui ont sévi trente années durant sur l'Altiplano bolivien, avec finalement très peu de résultats en terme de changement social et agroécologique. Les techniciens du projet ont donc dû changer de mentalité pour assumer une fonction d'animation, de mise en relation, de mise à disposition d'informations; ce qui a pris du temps et entraîné des retards dans la mise en œuvre du projet par rapport au calendrier fixé avec le financeur.
Le système de concours, avec des prix en espèces de libre disposition par les communautés, a par ailleurs suscité de fortes réticences de la part de certains leaders régionaux et des mairies. Paradoxalement, ce sont les communautés qui ont le plus vite intégré, accepté et défendu le système, et les dires de certains paysans sont dans ce sens éloquents : « Avec le concours, même si nous ne remportons pas le prix, nous avons un bénéfice direct et clair, qui est le fruit de notre travail durant les mois de préparation, ces mois où nous nous réunissons pour définir nos normes d'usage de la terre, nous organisons des campagnes, avec nos propres moyens, de contrôle des insectes qui mangent notre quinoa, nous déparasitons nos lamas avec notre argent, nous réparons les murs qui délimitent nos parcelles, ces mois où nous nous prenons à rêver aussi de ce que nous ferons de l'argent que nous gagnerons si notre travail est reconnu par nos pairs et par AVSF ».
Il a fallu bien sûr procéder à quelques ajustements dans la méthode des concours. Au début, très peu de prix étaient prévus pour un grand nombre de communautés participantes, et cela mettait parfois mal à l'aise les perdants lorsque les qualifications étaient très serrées. Sans augmenter la dotation économique pour les prix, il a été alors décidé en concertation avec les représentants des communautés de baisser les montants pour donner plus de prix, de manière à ce que pratiquement chacun rentre chez soi, après la grande fête de présentation de résultats, avec la satisfaction d'avoir une reconnaissance, ne serait-ce que symbolique -pour les derniers qualifiés- pour le travail accompli.
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Pour finir, il faut signaler deux facteurs qui rendent ce système encore très fragile:D'abord, les mairies, seules structures locales disposant de ressources financières dans la zone qui pourraient être injectées dans les communautés, voient presque comme une excentricité des « gringos » ce système de concours. Elles s'y sont jusqu'à présent très peu impliquées, prises entre l'immobilisme, la corruption et les conflits internes, et seule une forte pression de communautés pourra changer la situation.
- Ensuite, le vieil adage « nul n'est prophète chez lui » se voit reflété dans les réticences des communautés à être évaluées par leurs propres autorités. Le comité de qualification repose jusqu'à présent entre les mains d'AVSF, avec très peu de participation d'invités externes à la zone, et sa pérennité passe sans doute par une appropriation réelle par des structures organisationnelles aujourd'hui encore très faibles comme les ayllus.
References
Nom de la structure: Agronomes et Vétérinaires Sans Fontières (AVSF)
Agronomes et Vétérinaires sans frontières est une ONG née en 2004 de la fusion de Vétérinaires sans frontières (VSF) et du Centre international de coopération pour le développement agricole (CICDA).
Statut de l'organisation : Association de solidarité internationale, loi 1901, reconnue d'utilité publique.
Adresse / personne contact
Coordination nationale Bolivie :
Calle Ricardo Mujia n°1008 Esq.Jaimes Freyre Casilla postal 08999 La Paz BOLIVIE
Responsable : Roberto Aparicio (r.aparicio(at)avsf.org)
Secrétariat des Programmes:
AVSF-58 rue Raulin -69361 Lyon Cedex 07-FRANCE
Tel. +33(0)4 7... - Fax +33(0)4 78 69 79 56
Assistante Programmes : Edith Schaeffer (e.schaeffer@avsf.org)
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